Le 1er régiment de tirailleurs
Recréé à Épinal en 1994, à partir du 170ème régiment
d’Infanterie, le 1er régiment de tirailleurs est détenteur des
traditions de toutes les unités de tirailleurs : algériens, marocains et
tunisiens qui, de 1840 à 1965, se sont illustrés sur les théâtres d’opérations
militaires du monde entier.
C’est au cours des combats pour la libération de la France, de 1941 à
1945 et plus particulièrement lors de la campagne d’Italie, que ces soldats
d’élite ont forcé l’admiration tant de leurs adversaires que de leurs alliés en
faisant preuve de magnifiques qualités de courage, de résistance et
d’abnégation, leur permettant une efficacité remarquable sur le terrain.
Régiment de traditions par excellence, fier de son glorieux passé, le 1er
régiment de tirailleurs n’en est pas moins une unité moderne, tournée vers
l’avenir et rompu aux nouvelles formes de combat.

Le major sous-chef de musique Flek, chef de la Nouba du 1er Régiment
de tirailleurs d'Épinal

La Nouba du 1er régiment de tirailleurs
La fanfare Nouba du 1er régiment de tirailleurs a pris son
appellation lors de la création du régiment 1e 1er mai 1994. Elle est
issue de la Musique du 170ème régiment d'infanterie, lui même
détenteur des traditions du 7ème régiment de tirailleurs algériens.
La Nouba du Premier tirailleurs est sans aucun doute le meilleur
ambassadeur du régiment auprès du grand publie ; elle frappe l'imagination par
ses deux caractéristiques originales : la tenue traditionnelle des musiciens et
la présence de Messaoud, sa mascotte.
Son origine
Il n'est pas possible de déterminer à quelle époque les tirailleurs ont
commencé à avoir de pareilles formations. Des écrits relatent la présence des
musiciens de nouba, pour le centenaire de l'Algérie en 1860. La plus ancienne
représentation autrement connue est la nouba du 4ème
bataillon du 2ème tirailleurs par Detaille, datée de 1884.
En tout cas, cette musique arabe reste parfaitement non réglementaire
jusqu’en 1958. Aussi n'a-t-elle pas de composition bien fixe. Les plus
importantes pouvaient compter jusqu'à 80 exécutants répartis entre la batterie,
l'harmonie et la nouba: groupe folklorique indigène constitué d'instruments
locaux traditionnels dont le plus célèbre reste sans conteste la raïta sorte de
flûte marocaine dont le son rappelle celui de la bombarde bretonne et qui forme
le fond sonore. On y trouve aussi des tambours arabes, darboukas ou tebels, soit
grands, du diamètre d’une grosse caisse, soit petits, du diamètre d’un tambour
d’ordonnance et qui se porte la peau perpendiculaire au sol. Des tambourins ou
bendhirs, quelquefois des derboukas doubles faits de 2 demi-sphères tendues de
peau, plus rarement des karbakous, lamelles de fer qu'on entrechoque et toujours
un chapeau chinois complètent la formation.
Le chapeau chinois ne serait apparu qu'après la Grande Guerre; en tout
cas, le 3ème RMTA en possède un en 1920, en Rhénanie. Après 1920 tous les
régiments ont un chapeau chinois, différent &un corps à l'autre selon le goût du
chef de corps ; Cet instrument de cuivre est équipé de grelots et de queues de
cheval. Vers 1930, certains régiments ajoutent à la nouba un animal mascotte,
souvent un bélier, parfois un mouflon.
Depuis la restructuration des musiques en 1996, la Nouba compte parmi les
formations de type "fanfare d'infanterie" et dispose d'un effectif théorique de
29 exécutants repartis essentiellement entre les cuivres et saxophones renforcés
par un pupitre de tambours et percussions. La Nouba défile, encore aujourd'hui,
derrière un chapeau chinois qui est précédé par la mascotte ; le bélier Messaoud
Depuis 2002, la Nouba est rattachée à la compagnie antichar et y arme la 4ème
section. En parallèle à leur formation musicale, les personnels de la Nouba
reçoivent, au sein de cette section, une formation militaire afin de pouvoir
tenir un emploi opérationnel et leur permettre de participer ponctuellement à
des missions extérieure
C'est pour rendre hommage à ces glorieux
prédécesseurs, que la musique du 170ème RI est dotée à
partir de 1985, de la tenue historique des tirailleurs dite "à
l'orientale" dont l'origine remonte à la création des premières
unités vers 1840. Cet uniforme comprend: une veste en forme de
boléro de couleur bleue avec des parements jonquille, portée sur un
gilet sans manches appelé "sédria" , un pantalon ample avec de
nombreux plis pouvant être bleu ou blanc (le séroual), accompagné et
une ceinture de laine rouge (cramoisie), la coiffure peut-être le
"chèche" ; bande de tissu blanc enroulée autour de la tête, ou la
"chéchia" ; sorte de calotte de feutre cramoisie.
Dans ses grandes lignes, c'est un modèle identique à celui
des zouaves et des spahis. La plus grande différence réside dans le
choix des couleurs.

Constituées de la chéchia et du chèche qui se portent séparément ou
ensemble selon les circonstances. La chéchia est une calotte de feutre cramoisi
et environ 25 centimètres de hauteur avec un gland à franges bleu ciel amovible.
Dit "sédria", il est lui aussi bleu ciel avec des ornements jaunes. Sa
particularité est de se boutonner sur l'épaule gauche.
De forme boléro, elle est de teinte bleu céleste ou encore bleu
tirailleur. Les coutures s'ornent d’un cordonnet de couleur jaune qui forme pour
le sous-officier de magnifiques chamarrures. Sur chaque devant, un galon jaune
dissimule une fausse poche et remonte vers l'encolure en dessinant un trèfle.
Cette fausse poche s'appelle tombô. La couleur de son fond servait à l'origine,
à distinguer le recrutement et la localisation des premiers régiments de
tirailleurs. Garance (rouge vif) correspondait au 1er RTA d’Alger,
blanc au 2ème RTA d’Oran et jaune au 3ème
RTA de Constantine, bleu étant attribué aux unités recrutées en Tunisie.
Longue bande de laine cramoisie (rouge foncé) qui permettait de protéger
l'abdomen du froid et évitait ainsi les maux intestinaux. Pièce traditionnelle
de la tenue des tirailleurs, elle est portée par les tirailleurs et les
sous-officiers. Cette ceinture s'observait dans toutes les unités de l'armée
d’Afrique. Elle se différenciait par sa teinte : "cramoisie", elle était la
ceinture des troupes indigènes: tirailleurs et spahis ; "bleue" elle était
attribuée aux troupes de souche européenne : légion étrangère et zouaves.
Les officiers ne portent pas cette ceinture car ayant eu le droit au
médicament à l'époque il n'avait pas besoin de se protéger car ils étaient en
mesure de se soigner voila pourquoi seul les tirailleurs et les sous-officiers
porte cette ceinture.
Le fameux "saroual" de couleur bleu ciel ou blanc selon la saison. Il est fort
ample, avec de nombreux plis à la taille qui lui donnent un aspect bouffant dans
le bas. Par ailleurs, ce pantalon ne comporte pas de fond selon une ancienne
pratique orientale. Cette ouverture s’appelle le trou de Lamoricière.
En plus de cette tenue particulière, l'originalité de la nouba se
confirme par la présence d'un chapeau chinois, qui est celui du 7ème
RTA, et celle d’un bélier mascotte qui défile en tête lors des prestations.
Les tirailleurs, principalement recrutés parmi les pasteurs et les
montagnards d’Afrique du nord, étaient très attachés à la mascotte de leur
régiment généralement un ovin bélier, mouflon ou bouc, choisi pour la splendeur
de ses cornes. Il était également considéré comme un porte-bonheur.
Avec ses qualités de détermination, de puissance et surtout de virilité,
cet animal symbolisait pour eux les qualités essentielles du guerrier.
Ce bélier qui est actuellement la mascotte du régiment se nomme
"Messaoud" ce qui signifie chance en arabe.
